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Au long de la Grande Histoire:

Il était inéluctable que Djerba, se situant bien en vue sur le rivage Sud de la Méditerranée, joue le rôle de gîte d'étape pour les navigateurs anciens ayant pratiqué sur de longs itinéraires le cabotage au vu des côtes. Les belles plages de Djerba offraient un échouage facile et les quelques anses bien abritées, devaient inciter à des relais, et ce d'autant plus que les populations, sûrement déjà sédentaires et par là plus ouvertes, devaient faciliter le ravitaillement en eau et dans le même temps s'initier aux activités commerciales qui ne demandaient qu'à se diversifier au fil des ans.

Les Phéniciens paraissent être 1es premiers dont l'histoire porte témoignage à s'être aventurés par mer dans ces parages mais aussi au-delà. Leurs incursions remontent sûrement loin dans le second millénaire av. J.C., puisque la fondation de leur comptoir le plus éloigné dans l'Ouest de la Méditerranée, CADIX en ESPAGNE, est attestée dès 1110 av. 1.C. alors qu' UTIQUE à l'extrême Nord-Est de notre pays date sa fondation de 1101 av .1 .C. ce qui représente malgré tout trois siècles avant la fondation, aujourd'hui admise, de CARTHAGE la phénicienne en 814 av. 1.C..

La visite des Grecs et leur présence fréquente, avant ou après le premier millénaire av. 1.C., sur les rives Sud de la Méditerranée, à l'Ouest de la CYRENAIQUE, n'est pas témoignée expressément par des sources historiques, mais se conçoit aisément lorsque l'on songe à ces permanentes rivalités entre ces deux grands peuples de négociants, les Grecs et les Phéniciens, pour la suprématie commerciale notamment sur le rivage Sud de la Méditerranée. Celle-ci devait s'exprimer clairement par une- implantation coloniale des Grecs en CYRENAIQUE; mais aussi par leur mise en échec plus à l'Ouest par les Phéniciens, en fait Carthaginois, désireux de dominer les routes vers l'intérieur de l'AFRIQUE, initiées ou débouchant dans le golfe de la petite SYRTE de TRIPOLI à GABES et plus particulièrement aboutissant à DJERBA et en premier lieu à ce grand comptoir commercial que fut MENINX de fondation phénicienne. Mais naturellement, que les Grecs aient eu dès les temps reculés, une fort bonne connaissance des lieux se déduirait de l'usage qu'au huitième siècle av.J.C.

HOMERE, ou les aèdes qui en tiennent lieu, ont pu faire du nom des LOTOPHAGES, puisque c'est chez eux dans l'ODYSSE au chant IX qu'il fait échouer ULYSSE et ses compagnons lors de leur épique retour à l'issue de la destruction de TROIE vers 1185 av. J.C.. Ce serait là bien une preuve entre autres d'une connaissance directe des lieux, puisque le nom de cette peuplade se retrouve intact au onzième rang de la liste que quatre siècles plus tard, vers 445 av.J.C., HERODOTE donne dans sa description des populations libyques dont l'image paraît très fruste. Ces populations occupaient les territoires que nous désignons plus communément Afrique du Nord et en ces temps anciens plus généralement appelés LIBYE.

Dans L'orbite de CARTHAGE :

Avec l'installation formelle des Phéniciens à CARTHAGE, l'île de DJERBA, même si aucun texte historique n'en fait mention, a dû tomber sinon sous la coupe directe de l'autorité carthaginoise du moins entrer très tôt dans sa sphère d'influence et bénéficier dès lors de toutes les novations tant agricoles que techniques que cette présence a apportées et dont l'influence civilisatrice a été immense, en raison même du dynamisme agricole, commercial et maritime dont les Carthaginois ont fait montre tout au long de leur suprématie. Ce que l'archéologie montre bien c'est que l'île, au cours de la seconde moitié du premier millénaire av. J .C., par son génie propre et celui insufflé par ses protecteurs, connaît un développement remarquable, attesté par J'existence depuis lors de localités importantes pas seulement côtières, telles que TIPASA, HARRIBUS, MENINX, GIRBA, PHOAR (BOURGOU) et dont les consonances phéniciennes pour certaines, accréditent une prééminence de CARTHAGE.

La situation économique vers 450 av.J.C. ne pouvait être mieux synthétisée que par la plus ancienne et brève description qu'en donne le géographe itinérant désigné par l'histoire SOUS le pseudonyme de PSEUDO-SYLAX: "on y fait beaucoup d'huile qu'on tire de l'olivier sauvage, l'île produit beaucoup de fruits, de blé et d'orge, la terre en est fertile". Le commentaire pèche peut-être par un excès de lyrisme car il eut fallu ajouter peut-être qu'il s'agissait ainsi "des années de bonnes pluies", le climat ne semblant pas, du moins au cours de ces deux derniers millénaires, avoir significativement évolué, selon les sources historiques. Durant toute la période qui va jusqu'au démantèlement de la puissance de la CARTHAGE punique en 146 av. J.C. par les Romains, l'île n'est pas l'objet d'évocations quant à son implication dans l'histoire assez tumultueuse des royaumes Berbères en fréquentes inimitiés avec CARTHAGE, sa situation excentrée par rapport aux centres de commandement de ces deux rivaux, son insularité d'autre part, créant un accès facile par mer depuis CARTHAGE, semble avoir favorisé son développement économique hors des péripéties d'alors.

Il n'est jusqu'au nom de l'île qui ne soit sujet à hypothèse, celui du grand centre maritime de MENINX semblant avoir imprimé son nom à l'île pendant des siècles. Un simple coup d'œil sur une carte montre l'intérêt que l'île aura représenté comme relais maritime sur la route de l'Est vers l'EGYPTE et le MOYEN-ORIENT et son intégration dans un réseau défensif de CARTHAGE semble tout aussi évident. CARTHAGE aura aussi été l'instigatrice d'une activité spécifiquement phénicienne, voire de monopole, qu'était la collecte des .murex et l'extraction de la pourpre, ces mollusques étant abondants sur tous les hauts-fonds qui cernent l'île. La présence sûrement très anciennement reconnue des gisements d'argiles des collines de GUELLALA, aptes à la poterie, aura eu la double implication de permettre l'exportation d'un produit manufacturé, la poterie, dont la fabrication s'est poursuivie jusqu'à nos ( jours, mais aura déterminé des activités exportatrices d'huile d'olive et, nous ne saurions le réfuter, peut-être de vins capiteux. La vigne encore prolifique sous cette latitude atteignait ici pratiquement sa limite méridionale de culture rémunératrice.

La carte nous montre aussi que Djerba voisinait avec des oasis, centres de repli des populations antérieurement habitant un Sahara verdoyant et qui, situées en limite du GRAND ERG ORIENTAL, prolongées par les oasis du FEZZAN, auront été très tôt le cheminement obligé d'un trafic d'abord peut-être modeste, mais qui avec la généralisation de l'usage du dromadaire adopté du Moyen-Orient, deviendra une activité commerciale de troc croissante. Celle-ci s'est poursuivie du reste sans discontinuer au long de ces deux derniers millénaires pour s'éteindre doucement au cours de notre siècle. Dès l'antiquité donc s'était accru l'intérêt économique et stratégique de l'île en tant qu'un des terminaux du commerce transsaharien très florissant au moyen-âge du fait surtout du trafic de l'or du SOUDAN. puisqu'en ce 11 ème siècle le célèbre EL BAKRI écrivait à propos de DJERBA:" on y trouve de l'or en quantité".

Ce n'est pas sans raison. évidemment. que, dès la première guerre punique, ROME jugea devoir atteindre son adversaire carthaginois sur un de ses flancs sensibles en envoyant, en 253 av. J.C., une escadre commandée par C. Servilius CAEPIO et Simpronius BLAESUS qui, enlisée dans les hauts- fonds du Sud-Est de l'île et remise à flot à grand peine, s'en retourna sans atteindre son but, aventure première d'une série historique longue en échecs similaires. ROME récidive lors de la seconde guerre punique en 217 Av. J.C. en envoyant une escadre sous le commandement du Consul C. GEMINUS qui derechef, revint dans des conditions analogues. mission non accomplie, vu les dangers conjoints, des insulaires cette fois prévenus, mais bien plus des funestes hauts-fonds marins, contrariant l'accessibilité à l'eau douce. sur la terre ferme. Rappelons que, modestes certes. quelques puits d'eau douce proches du rivage au Nord-est de l'île auront représenté pour les marins une solution vitale pour leurs aiguades. problèmes toujours impérieux au long cours et cette circonstance aura joué souvent un rôle déterminant, comme l'histoire le montrera fréquemment avec des envahisseurs peu assurés ou avisés de leur ressources en eau.

Mais il fut aussi au cours de ces siècles des visiteurs bien accueillis et qui jouèrent ensuite un grand rôle économique dans l'île. si l'on suit la tradition selon laquelle le peuplement hébreux très spécifique de DJERBA trouverait son origine dans la venue d'une colonie de réfugiés juifs fuyant la désolation résultant de l'intervention de NABUCHODONOSOR II ayant détruit. le royaume de JUDA, mais surtout le Temple de JERUSALEM en 585 Av. J.C.. Ces juifs devaient s'établir dans L'île en deux communautés à peine agrégées dans la partie Nord. Ce noyau ethnique, dont nous avons déjà fait mention, ne s'est jamais intégré socialement ou culturellement au milieu ambiant successivement païen, chrétien puis musulman et aura apporté et élaboré un savoir de techniques artisanales spécifiques. Il aura sûrement aussi contribué à des relations commerciales efficientes avec les coreligionnaires participant de la Diaspora juive en Méditerranée. L'histoire retiendra aussi, en témoignage du cadre de vie plaisant mais tout autant paisible au sein des populations autochtones, le fait, que sollicités de retourner en Terre Sainte lorsque CYRUS le GRAND vers 540 av. J.C. mit fin à la captivité des juifs à BABYLONE ou à leur exode ailleurs, les Juifs de l'île déclinèrent semble t-il unanimement cette faveur de retour.

Aujourd'hui une synagogue rénovée, de proportions modestes, demeure sur le lieu isolé ou fut érigé un sanctuaire qui passe pour être le second dans l'échelle des dévotions juives et, à ce titre, reste l'objet de pèlerinages chaque printemps très fréquentés de Juifs du monde entier en raison d'un accès facile.. Pour rester encore un instant dans la nuit des temps et celui du mythe; tout en faisant l'impasse sur le récit d'Ulysse chez les Lotophages (voir ci-après "La richesse des témoignages: Homère ), rappelons deux sujets de la même veine et ayant eu des prolongements récents sur les notions de la géographie et de l'histoire de l'île. HERODOTE mentionnait à la suite des Lotophages une tribu analogue Libyque : "les Machlyes qui s'étendent jusqu'à un grand fleuve appelé Triton; ce fleuve se jette dans un grand lac, le lac Trinotis, où il y aune île qui ale nom Phla". Au chapitre suivant il ne peut s'empêcher de rappeler que c'est là que Jason et les Argonautes devaient, entraînés par les vents, s'échouer (eux aussi!) sur les hauts-fonds de sable et d'algues et repartir de justesse grâce à l'aide du Dieu marin Triton qui leur montra les issues du lac, après qu'ils lui aient consacré un trépied de bronze. Des exégèses, au cours du siècle dernier, ont voulu voir dans le lac Tritonis le grand lac salé aujourd'hui dés séché des chotts tunisiens, susceptibles d'avoir été en communication avec la mer par un déversoir en des temps préhistoriques.

Passons sur les tonnes de papier qui furent consommées à partir de 1863 et jusqu'en 1930 du fait de la thèse: "De TRITONIDE LACU" par laquelle s'était accréditée l'idée, défendue par de nombreux et ardents protagonistes, de relier le golfe des Syrtes aux soi-disant dépressions très vastes des Chotts nord sahariens et de créer ainsi une immense mer intérieure au Nord du Sahara, appelée dès lors à bouleverser toutes les données climatiques, géopolitiques et économiques de l'Afrique du Nord! Il fallut la présence d'esprit des plus hautes Autorités Françaises pour ramener ce projet fumeux, en raison même d'erreurs topographiques, à son point de départ historique. GSELL le plus grand historien de l'Afrique du Nord, avec la modestie qui lui était habituelle, devait suggérer que le Tritonis semblait bien correspondre à la Mer intérieure de Bougrara au Sud de l'île de DJERBA et que l'île PHLA devait bien désigner l'île de DJERBA, face au promontoire occupé selon HÉRODOTE par les LOTOPHAGES. L'histoire en restera là: DJERBA était bien habitée par les LOTOPHAGES et cernée de hauts-fonds marins périlleux pour tout navigateur, sachant aussi que c'est dans ce golfe de la petite Syrte que se rencontrent les plus fortes marées de la Méditerranée,

La période "punique de Djerba" mérite de rentrer dans l'histoire comme celle d'une sédentarisation des ethnies qui l'occupèrent, à base surtout de populations brachycéphales encore aujourd'hui grandement présentes, (peuplement berbère), d'une période de diversification agricole, par l'arboriculture et vraisemblablement de l'initiation de l'irrigation, avec les eaux souterraines, d'extension de l'habitat sur toute l'île, du développement conjoint des activités de pêche et de l'introduction d'activités artisanales directement complémentaires ou liées aux ressources de l'île. Tout excédent de production aura stimulé les initiatives commerciales que la mer, dès une haute époque, devait permettre au moins avec les deux peuples marins et commerçants Grecs et Phéniciens puis Carthaginois seuls. An cours de cette période encore fruste sûrement tout était cependant en germe de ce qui devait plus tard constituer la marque typique de DJERBA: son ambiance industrieuse dans un cadre bucolique, son ouverture vers le grand large marin au Nord, et au Sud vers l'immensité saharienne demeurée longtemps mystérieuse car inexplorée.

Sous la férule Romaine :

Contrairement à ce que l'on pouvait supposer, l'instauration de la suprématie de ROME dès la destruction de la CARTHAGE punique en 146 Av. J.C ne devait pas se traduire par des bouleversements douloureux dans l'île, car si l'histoire locale reste muette à ce sujet, l'aspect connu de la progression de ROME dans sa sphère d'influence nord-africaine accréditerait qu'elle fut très progressive, relayant lentement l'autorité déclinante des royaumes berbères auxquels, peut-être, Djerba avait été, après la fin de CARTHAGE, intégrée ou desquels pour le moins elle restait peu ou prou tributaire. Dès avant le premier millénaire l'influence de ROME se fait plus formelle et la paix romaine existant, le développement économique se poursuivant, les richesses s'accumulent. Les localités de DJERBA, MENlNX en tête, se parent d'impressionnants bâtiments publics, à l'image de tous les grands Municipes de l'Empire.

En témoignent les ruines qui ont livré de nombreuses statues et reliques. Si aujourd'hui le site de MENINX paraît bien désert, n'était encore quelques chapiteaux impressionnants de taille, c'est qu'il servit pendant des siècles de carrière vu la multitude de marbres de toutes couleurs et origines qui s'y trouvaient, tout comme des diverses colonnes en granit qui tronçonnées ont servi de meules providentielles dans l'équipement des moulins à huile et à grain de DJERBA. Si le site très vaste est resté désert, semble-t-il, des explorations importantes restent encore en vue pour les archéologues. L'opulente oligarchie commerçante s'était aussi construit, en divers lieux, des villas comme dans tout le reste de la Province d'Afrique où les mosaïques polychromes souvent retrouvées sont un des aspects les plus parlants du raffinement des demeures d'alors. Profitant de ces siècles de: paix, l'hégémonie de l'île s'est étendue aux régions avoisinantes du continent par le développement surtout de l'oléiculture dont Zita fut le centre, tout comme de nos jours l'est à nouveau ZARZIS.

Si dans le passé l'insularité avait pu passer pour un privilège de la nature, la paix romaine devait encourager la construction impressionnante, car authentique "travail de romain", d'une chaussée-pont en pierre reliant le continent à l'île sur plus de six kilomètres de longueur. Il fallait que le trafic soit considérable pour justifier la création d'un ouvrage qui subsista en usage durant près d'un millénaire et demi et qui devait finir par une destruction partielle en 1480 et un abandon que justifiait l'insécurité en autorisant l'île de bénéficier de son insularité retrouvée. C'est durant cette période faste de ROME que devait s'ouvrir en grand le commerce avec l'intérieur de l'Afrique et fonder pour des siècles une activité lucrative dont DJERBA et TRIPOLI devaient, tour à tour, se disputer le débouché vers les marchés méditerranéens de ces produits vraiment exotiques: les esclaves, l'ivoire, les peaux et plumes rares, les animaux sauvages dont les cirques faisaient grande consommation et surtout l'or recherché avant tout vu J'amenuisement des ressources antiques.

La fortune de l'île ne se limita pas seulement à son bien être matériel, mais en cela sur le même plan que d'autres illustres cités de l'Afrique romaine, se trouva participer aux honneurs de la vie publique de l'Empire puisque deux de ses citoyens, originaires de GIRBA, furent portés à la magistrature suprême: l'Empereur Vibius GALLUS et son fils Volusianus, encore que pour un règne éphémère en 252 et 253 ap. J.C., mêlés qu'ils ont été à la tourmente des premières guerres contre les GOTHS en zone danubienne qui furent si funestes pour les Romains. DJERBA participa, comme toute la Province d'Afrique, à la propagation du christianisme et parmi les premières mentions également du nom de "GIRBA" figure celui du nom d'un évêque participant au premier concile d'Afrique en 255 ap. J.C..

Dès cette époque le nom de GIRBA semble s'accréditer pour l'île et le restera jusqu'à nos jours avec de modestes altérations selon les langues et les usages. Les sources écrites disparaissent avec le Bas Empire, période troublée s'il en est, par les luttes déjà religieuses et nul témoin ne relate les événements de la période vandale de plus d'un siècle ( 425-535) à laquelle l'île ne pouvait échapper vu son ancienne notoriété de richesse qui aura sûrement subie un sérieux accroc avec des occupants ou dominateurs par ailleurs si peu concernés par le développement économique. La période byzantine qui suivit (535-665) est tout aussi muette quant à Djerba et, si l'on songe à ces périodes entrées dans l'histoire avec le récit d'un déclin économique à peine contrarié vu la permanence des luttes contre l'agressivité de tribus nomades de territoires non contrôlés par Byzance, on n'a pas de peine a imaginer que l'île aura vu alors le déclin majeur puis la ruine des grandes cités maritimes florissantes jadis: Méninx, Harribus, Tipasa, tout autant que la contemporaine et continentale Gigthis dont plus personne ne fait mention n'était aujourd'hui la rémanence de ruines imposantes et d'inscriptions glorieuses qui jurent dans cette désolation.

La grande Période Islamiqe :

Avec la conquête arabe du Maghreb et spécifiquement celle de Djerba en 665 ( 43 Hégire) par un compagnon du Prophète: Ruwayfa ibn Thâbit et donc l'avènement de l'Islam, Djerba entre pour plus d'un millénaire dans une époque de fortunes diverses et d'instabilités chroniques. Involontairement projetée d'abord au centre de rivalités dynastiques s'appuyant tour à tour sur des schismes majeurs de l'Islam, Djerba ne pouvait échapper à une longue confrontation entre les puissances chrétiennes dominantes alors en Méditerranée, l'Aragon, la Catalogne, l'Espagne ensuite et l'Islam pour la domination de la mer Méditerranée occidentale et centrale grâce à la possession des les et des principaux points d'appui maritimes de l'Afrique du Nord de Ceuta à Tripoli (dite de Berbérie). La Puissance Turque, à peine tenue en échec par la défaite de Lépante en 1567, devait par sa percée jusqu'au delà d'Oran mettre un terme, pour près de trois siècles, aux visées expansionnistes de l'Espagne, voire de l'Europe en Afrique du Nord, et le plus remarquable devait être le rôle majeur dévolu souvent à ce petit peuple de Djerba courageux et entreprenant qui devait toujours revendiquer l'initiative de sa propre protection ou de sa libération en provoquant par-I à d'étonnants renversements de situation dans la Géopolitique des puissances majeures de ces siècles.

La disparition du Christianisme du moins à Djerba semble s'être déroulée très vite en raison même peut-être du libéralisme et de la tolérance de l'Islam mais aussi d'un cadre psychologique où a dû s'accréditer rapidement la vision d'un avenir économique retrouvé grâce aux dimensions géographiques nouvelles issues de la conquête arabe créant une unité politique des Pyrénées à la Perse: Djerba pourrait à nouveau être promue à se mouvoir dans un espace économique élargi et peut-être renaître de ses cendres! L'île adhère très tôt à un schisme, le Kharidjisme, dans son expression puritaine: la doctrine Ibadite .doctrine qui accompagne la naissance du royaume indépendant de Tahert (Sud Algérien) 761 (144 H) dit des Rostémides, dont fera partie Djerba jusqu'à sa chute (909) mais avec une adhésion économique. qui semble favoriser une expansion nouvelle de l'île encore que les sources écrites font davantage état du rôle éminent joué par des savants et des hommes de lettres qui ont porté au loin la renommée cette fois spirituelle de Djerba. L'île devient Wahabite, c-à-d faisant partie de la secte rigoureuse de l'Ibadisme instaurée par le souverain et Imam Rostémide Abdallah ibn Waheb. Cette secte devait connaître rapidement une nouvelle scission, la branche Nakkarite en compétition permanente ensuite pendant des siècles avec les Wahabites pour le pouvoir temporel et la notoriété culturelle de l'île.

Au cours de cette période le rôle de la langue berbère fut par là-même magnifié, les écrits tant laïques que religieux, il est dit ayant été en majorité conçus dans cette langue écrite en caractères arabes, Les lettrés ayant été ainsi libérés de la prééminence antérieure du latin tout en privilégiant l'arabe comme langue étrangère. Nul doute que le Kharidjisme a définitivement marqué de son empreinte le rigorisme moral des habitants de l'île mais a aussi stimulé les profondes aspirations des populations à l'indépendance dans un esprit de défense démocratique de leurs acquis sociaux et culturels spécifiques. Ces populations ne sortiront plus jamais dès lors d'une détermination irrépressible de secouer le joug des conquérants ou de leurs dogmes d'où qu'ils viennent. Cette volonté ou cette obstination devait sans fin être mise à l'épreuve si l'on considère la somme d'événements historiques vécus par l'île dont parfois les seuls titres suffiraient à en attester la permanence, aussi pouvons nous les résumer ainsi avec une numérotation arbitraire:

1. de 868 (254 H) à 895 (281 H) dissidence d'une partie de DJERBA contre l'autorité des Rostémides du Royaume de TAHERT.

2. lors de la conquête de TAHERT par les Fatimides DJERBA accueille des fugitifs de TAHERT du fait même de son opposition certaine aux Fatimides.

3. les Fatimides, en nouveaux souverains shiites de l'Ifriquia (approximativement la Tunisie) en 909, rendent également tributaires les Djerbiens mais seulement à la suite d'une opération maritime d'envergure en 923 (311 H).

4. l'île est à nouveau "libérée" par un kharédjite impénitent Abu Yazid (Nakkarite) en 942 (331 H) mais reconquise par lé troisième calife Fatimide El Mansour.

5. un épisode mal connu relaté par Ibn Idhari fait état d'une conquête inopinée par le Roi de Sicile qui fit de nombreux prisonniers en 1038 ( 430H), opération réitérée en 1039 (431H).

6. en 1047 (439 H) nouvelle révolte Nakkarite et envoi d'une flotte par le Ziride El Moïz. Les Fatimides ayant conquis l'EGYPTE en 969 s'établirent au Caire et confièrent la régence de l'Afrique aux Zirides qui n'eurent des démêlés avec Djerba que lorsque le célèbre AL Moïz eut à réprimer cette révolte en 1047 (439 H).

7. en 1062 (454 H) à la mort d'El Moïz les Djerbiens deviennent pirates à grande échelle et c'est Tamim, son Fils, qui réprima ces excès.

8. en 1109 (499 H) nouveau soulèvement de Djerba que ne put réprimer Tamim malgré une flotte importante et des troupes nombreuses. Il fallut attendre 1116 (510 H) pour qu'une armée et flotte considérable de Yahya, fils de Tamim, incitent les Djerbiens à renoncer à nouveau à la piraterie.

9. en 1116 une nouvelle flotte d'Ali ibn Yahya fut nécessaire pour imposer la paix sur mer et sur terre et surtout mettre un terme à la piraterie.

10. mais vers 1121 (514 H) Djerba a de nouveaux démêlés et se soumet au prince AL Aziz ibn Mansour qui impose son autorité directe par l'envoi d'une flotte, (au dire du seul Ibn Khaldoun).

11. en 1135 (529H) Roger II de Sicile après avoir occupé de nombreuses localités de la côte ifriqienne s'empare également de Djerba, y subjugue la population, massacre à son gré et transfère en esclavage en Sicile nombre des habitants. Les Siciliens imposent leur présence jusqu'en 1153 (548H) où a lieu un soulèvement général des Djerbiens. Les Siciliens reviennent en force, reconquièrent Djerba la même année. Elle ne fut "libérée" que par le nouveau pouvoir Almohade en Tunisie en 1160.

12. en 1220 l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, crût calmer les soulèvements musulmans en Sicile en traquant les responsables ou inspirateurs installés à Djerba par une expédition punitive dans l'île, affaire restée obscure vu son échec.

13. En 1282 Pierre III roi d'Aragon, déjà suzerain de Mayorque, monte une armada pour assujettir à ses vues financières et peut-être territoriales, les monarques de TUNIS et de BOUGIE. II débarque à COLLO, non loin de BOUGIE, mais ses conspirateurs locaux ayant été neutralisés, reste indécis. Opportunément en Sicile les "Vêpres Siciliennes" qui viennent d'éliminer la domination des Angevins font basculer le pouvoir vers les Hohenstaufen dont l'épouse de Pierre III est la légitime Prétendante. Pierre III quitte Colla et entre à Palerme en protecteur et Souverain. Ne voulant moins que jamais renoncer à ses visées sur l'Afrique, il charge son Amiral Roger de Lauria de conquérir les îles de DJERBA et des KERKENNAH en 1284 et 1285 et d'en assumer en tant que fief personnel et vassal, la possession.

14. dès lors DJERBA sous un régime implacable, paya pour les autres, d'abord conquise dans le sang, les opposants sont par milliers transférés en Sicile à titre d'esclaves, et ces exactions s'étendirent même sur le continent venu à la rescousse. Totalement jugulée, DJERBA resta sous le joug des héritiers successifs de Roger de Lauria jusqu'en 1333, grâce aussi à la complicité de clans locaux. Certes trois successions d'héritiers devaient dès 1305 donner lieu à des soulèvements et trois expéditions depuis la Sicile dont deux se terminèrent par des désastres complets infligés par les Djerbiens aux Sicilo-Aragonais, et seule la troisième put à nouveau imposer en 1308 la loi aragonaise vu la poigne et les astuces de Raymond Montaner qui sût se concilier des clans locaux. Ce dernier abandonnait son titre de Gouverneur trois ans plus tard. En 1333 une insurrection générale des possessions africaines des Aragornais-Siciliens décida de la fin de l'occupation chrétienne, mais dès 1337 elle consacrait aussi l'assujettissement de Djerba à la Dynastie Hafside mais dont deux gouverneurs successifs devaient se rebeller contre le pouvoir central. Durant toute cette période les éternels deux groupes opposés de l'île devaient ajouter par leurs rivalités permanentes au désordre.

15. en 1432 le Roi Alphonse V d'Aragon entend faire valoir ses droits sur le Royaume de Naples et simule une action sur Djerba, qu'il conquière après avoir livré bataille avec succès contre le Sultan Abou Farès de Tunis accouru au secours. Payant une fois de plus tribut aux Aragonais l'île se libère quelques années plus tard et retrouve le statut d'une principauté indépendante sous la seule autorité de ses chefs coutumiers. Il semble qu'un renouveau économique et un enrichissement général ait pu être obtenu, auquel la piraterie, à l'égard de la marine marchande chrétienne, aurait aussi contribué, notamment après que se soit terminée la Reconquista espagnole en 1492.

16. forts de leur succès, les Espagnols poursuivent leurs actions envers les Royaumes musulmans et conquièrent successivement sur les côtes de Berbérie: Mers el Kébir, Oran, Bougie, Tripoli tout en contraignant Tlemcen, Alger et Tunis à des tributs de vassaux. Le commandant de ces expéditions réussies, Pierre de Navarre, pensant incorporer sans efforts ce point d'appui commode représenté par DJERBA, essuie en Juillet 1510 un premier échec sur place. Il revient en force un mois plus tard, ayant le renfort d'une escadre avec à son bord le Duc d'Albe qui dès lors semble prendre le commandement avec d'autres Grands d'Espagne. Le 30 Août, 15 000 hommes sont débarqués dans le plus grand ordre sous un soleil de plomb et visiblement sans de suffisantes provisions individuelles d'eau. La confrontation avec les Djerbiens après une longue marche tourne vite au désastre, la troupe totalement assoiffée se débande et fuit vers les vaisseaux. Au total 1500 hommes restent sur le terrain dont le chef, le Duc d'Albe, (d'autres sources parlent de 10 000 hommes perdus!). L'armée s'en retourna à Tripoli et se dispersa, mission non accomplie. Le prestige des Espagnols en fut fort longuement affecté et les Djerbiens, mettant une fois de plus la plus grande Nation de la Chrétienté d'alors en échec, admirés pour. leur courage, leur témérité et surtout leur ténacité.

17. Charles Quint devait chercher à partiellement atténuer cette leçon par l'envoi d'une flotte qui négocia un tribut annuel de 5000 dinars d'or en faveur du vice roi de Sicile. accord qu'une ambassade de Djerba vint signer en 1521 en Allemagne.

18. Les affaires ont du prospérer à Djerba si l'on se fie aux commentaires de Léon l'Africain qui visita l'île vers cette époque et y fut du reste capturé en 1518 par des corsaires Siciliens, Le commerce procure de gros revenus. L'île gagne aussi d'être à nouveau le repaire de corsaires fameux pour l'époque: le grand Barberousse qui devait ensuite conquérir Alger et son arrière-pays, mais surtout son élève et lieutenant le Raïs Dragut qui devint la bête noire de toutes les puissances maritimes de . l'époque non seulement comme créature des Turcs mais comme le plus habile, le plus audacieux et le plus pernicieux des écumeurs de mer de l'époque. Il sût trente ans durant inquiéter tous les rivages de Berbérie sous obédience espagnole mais surtout ceux de Corse, Sardaigne, Sicile, Naples, Calabre et de l'Adriatique en ayant jusqu'à des flottilles entières de galères sous son obédience ou en sa possession.

19. Ses démêlés avec le prince génois l'Amiral André Doria, son éternel pour chasseur, comptent d'innombrables épisodes dont le plus extravagant reste celui unique dans les annales maritimes, et qui eut précisément pour théâtre le Sud de l'île de Djerba, son refuge préféré. L'Amiral avec des forces réduites bloque en 1551 le Raïs Dragut avec plusieurs de ses bâtiments en partie désarmés sur des hauts-fonds dans la passe d'El Kantara mais jugeant devoir faire appel à du renfort de Sicile ou de Malte contient pendant plusieurs jours le Raïs dans ce qu'il croit 'être une nasse alors que celui-ci, en homme de ressources, fait jour et nuit creuser un canal vers la mer de Bou Grara par où il transfert nuitamment ses navires pour rejoindre le large tout en capturant au passage la Galère Patronne de Sicile incidemment dans les parages. 20. Dragut jugea le moment venu de consolider sa position et celle de ses maîtres, les Turcs, en faisant la conquête de Tripoli, puis au grand dam de sa population la conquête de Djerba. L'île devenue officiellement le refuge de Dragut devenait au même titre que lui le point de mire de la Chrétienté et à nouveau au centre des préoccupations espagnoles.

21. Philippe II d'Espagne ayant succédé à Charles Quint et libéré de ses soucis du Nord par le traité de Cateau-Cambrésis peut enfin s'installer en Espagne et n'a plus qu'une idée immédiate en tête: mettre un frein à l'expansion turque en Méditerranée et à la demande du Grand Maître de l'Ordre de Malte, Jean de La Valette, appuyé du Vice-roi de Sicile, le Duc de Medina Celi, d'abord s'attaquer à la course en mer, en éliminant Dragut, grâce à la conquête de TRIPOLI et de DJERBA, ces nids de pirates. Philippe II charge 1e 15 juin 1559 le Duc de faire vite, mais celui-ci argue qu'il faut plus de troupes donc plus de navires, le temps passe et finalement l'armada de 54 navires de guerre et de 36 nefs de charge avec 12000 hommes à bord quitte, contre toutes les règles nautiques (surtout ne rien entreprendre en hiver!). Syracuse en ordre dispersé après le 1er Déc. Le regroupement est prévu entre Djerba et Tripoli. Dragut, avisé de longue date disperse ses galères, fortifie ses places, presse CONSTANTINOPLE d'intervenir avec la flotte de Pirali Pacha. Le Duc sur place hésite, décide de conquérir d'abord DJERBA l'île riche de ses jardins, cultures et troupeaux. Le 16 Février, aiguade à l'est aux puits de la ROQUETTA malgré les assauts des autochtones très agressifs. Nouvelles tergiversations, puis débarquement réel le 8 Mars à l'ouest du Château-fort qui après de violentes escarmouches est occupé et immédiatement mis en réparation et renforcement pour établir un point d'appui durable. Avisés de l'arrivé imminente de soixante galères du Turc renforcées de celles, une vingtaine, de Dragut, les Espagnols en désaccord entre marins et infanterie, débattent du meilleur parti à prendre: affronter une action en mer, fuir, réagir sur place? L'armée décide le 10 mai d'embarquer la moitié et de fuir, voire combattre. et avec l'autre moitié affronter à l'abri du château-fort les Turcs et les Djerbiens. Le lendemain 11 Mai. l'escadre par grand vent d'Est, affronte les Turcs ayant vent en poupe, en peu de temps les chrétiens .désemparés sont rabattus vers le rivage, dix-neuf galères et quatorze bâtiments de charge furent coulés ou capturés, nombre de fuyards se noyèrent, cinq mille hommes furent faits prisonniers. Le reste des navires, mais en fait seulement 17 galères, rejoignit en désordre l'Italie et la Sicile où arriva le Vice-Roi avec le souci, vite oublié, de secourir les assiégés de Djerba. Aussitôt débarqués, les Turcs, aidés des Djerbiens, bloquent totalement les occupants du camp retranché et du château qui tentent plusieurs sorties infructueuses mais qui, à bout d'eau potable, se rendent contre la vie sauve le 31 Juillet. Avec les têtes de tous les adversaires tombés fut édifié un trophée macabre qui subsistera jusqu'en 1848.

22. La défaite de l'expédition de 1560 fut donc totale et comme telle constitua une atteinte formidable au prestige de l'Espagne. Le retentissement de cet incroyable échec militaire fut considérable dans toute la Chrétienté, devenant pour des années le symbole constamment rappelé de la puissance maritime et de la capacité militaire des Turcs et surtout de la vaillance du peuple djerbien. Plusieurs conséquences internationales de premier plan devaient résulter de cette confrontation de DJERBA. D'abord pour trois siècles le renoncement de l'Europe à des visées territoriales sur l'Afrique du Nord qui duraient depuis quatre siècles à l'instigation des Espagnols surtout. Ensuite, mais en cela paradoxalement, cet échec devait accélérer l'accroissement très important de la marine européenne limitant l'expansion turque en Méditerranée notamment après la considérable défaite navale des Turcs à Lépante en 1571 mais dont l'effet fut néanmoins modeste sur l'équilibre militaire entre Chrétienté et Turcs.

23. DJERBA resta sous le joug des Turcs, et délivrée partiellement par la disparition de Dragut tombé en 1565 au siège de Malte, connut dès lors les hauts et les bas d'un assujettissement aux Turcs et à leurs gouverneurs installés à Tripoli. Vivant sous l'autorité de leurs chefs coutumiers, mais toujours prêts à secouer le joug, les Djerbiens devaient en 1599, 1600 et 1601 s'insurger contre les Turcs de Tripoli et en 1603 détruire une expédition venue de cette ville pour les ramener à l'ordre.

24. Au 17ème Siècle les récits ne font plus état de hauts faits et il semble que l'économie de l'île stagne, mais elle est à nouveau rattachée à l'autorité des Beys de Tunis nommés par les Turcs. Ces Beys y délèguent d'abord les Caids de la famille des Jalloud puis, fin du 18ème siècle de celle des Ben Ayed, ces derniers décriés pour leurs exactions. Au 18ème Siècle sont seulement relatées quelques incursions à Djerba de tribus du continent qui devaient se terminer par une confrontation brutale qui coûta la vie à un grand nombre d'entre eux. Les Djerbiens poursuivirent leurs activités agricoles, artisanales et commerciales. Une paix relative les incita à une colonisation partielle sur le continent proche. Vivant dans l'orbite de l'empire Turc les Djerbiens devaient tout naturellement développer leur commerce vers Alexandrie, Constantinople et consolider le commerce transsaharien contrarié cependant par la suppression de l'esclavage en 1864. Ils devaient enfin, au 19ème Siècle, découvrir leur vocation pour l'établissement généralisé dans toutes les localités de la Régence de Tunis, puis des zones frontalières, de boutiques d'épicerie qui par le jeux du crédit et de la solidarité entre familles de l'île, devaient leur réserver un Monopole de fait dans cette activité jusqu'en 1965.

25. le fait marquant du 19ème siècle fut en 1881 l'occupation française de la Régence et donc de DJERBA où l'autorité de l'Armée fut relayée dès 1885 par l'Administration Civile du Protectorat. Aucun événement violent ne devait plus perturber Djerba qui toutefois participa très activement à toutes les initiatives politiques au plus haut niveau national qui devaient aboutir à l'Indépendance de la Tunisie en 1956 et introduire par là même le plus grand élan de développement économique qu'ait connu l'île depuis son existence pluricellulaire.

26. avec les temps modernes se clôt aussi plus de mille ans de luttes permanentes d'un peuple jaloux de sa liberté et de son indépendance, luttes qui n'ont pas pour autant créé un homme violent ou imbu de sa supériorité, car le Djerbien a su avec beaucoup de dignité rester fidèle à un acquis culturel ancestral qui fait de lui un homme aux multiples facettes heureuses et qui à ce titre lui donnent une personnalité très attachante.

 ASSIDJE : "ETERNELLE DJERBA"  2000

 

  1. UN TEMOIGNAGE SPECTACULAIRE SUR LA PRESENCE LIBYCO-PUNIQUE DANS L'ILE DE JERBA: LE MAUSOLEE DE HENCHIR BOURGOU.